La Bible : en quoi est-elle unique ?

La Bible ! Aucun autre livre dans l’histoire n’a été tant aimé ou détesté. Des millions de gens ont risqué leur vie et leur espérance sur ses promesses, et d’autres ont passé leur vie à attaquer sa crédibilité. Pour beaucoup, elle apporte des réponses essentielles aux questions de la vie et de la mort, du présent et du futur, du péché et du salut. Pour d’autres, ce n’est rien d’autre qu’un livre de mythes et de fables.

Quoique disent ses admirateurs et ses détracteurs, aucun ne renie le fait que la Bible est un livre unique par son authenticité historique, son origine, son monothéisme, ses prophéties, et par son but rédempteur. D’autres livres peuvent contenir des concepts similaires et présenter des principes moraux élevés, mais la Bible est différente de tous les autres livres sur plusieurs plans.

Authenticité historique unique

L’authenticité historique est une des caractéristiques distinctives des Ecritures. Alors que les autres œuvres de littérature religieuse racontent de nombreux mythes et légendes, la Bible présente d’honnêtes récits historiques1. Les critiques peuvent prétendre qu’une grande partie de la Bible est mythologique et que ses récits historiques comportent beaucoup d’erreurs, mais la réalité les contredit. Les découvertes archéologiques de ces deux derniers siècles ont révélé par de nombreuses manières la nature historique des Ecritures. L’archéologie ne peut pas prouver que la Bible est la Parole de Dieu, mais elle a certainement illuminé les récits historiques des Ecritures et a parfois apporté des preuves2. Face aux accusations que l’histoire biblique est criblée d’erreurs, Donald Wiseman, un éminent professeur d’assyriologie, rétorque que les preuves archéologiques ont éliminé la plupart de ces « supposées erreurs ». En fait, « la majorité des erreurs peut être attribuée à des erreurs d’interprétation des savants contemporains et non à des “erreurs” de fait établies et présentées par les historiens bibliques. Cette opinion est renforcée davantage lorsqu’on se souvient combien de théories et d’interprétations des Ecritures ont été vérifiées ou corrigées par les découvertes archéologiques3. »

Unique par son origine

L’origine unique de la Bible est une autre caractéristique. Pourquoi l’Ancien Testament est-il si différent des autres littératures anciennes ? Un psaume donne la réponse : « Il [Dieu] révèle sa parole à Jacob, ses lois et ses ordonnances à Israël; il n’a pas agi de même pour toutes les nations, et elles ne connaissent point ses ordonnances. Louez l’Eternel ! » (Psaume 147.19,20*.) Israël était profondément conscient du fait que Yahvé, le Créateur du ciel et de la terre, s’était révélé à Abraham et à ses descendants, ce qu’il n’a pas fait avec les autres nations. Paul, qui fut éduqué au sein du judaïsme mais qui devint l’apôtre par excellence de l’Evangile, est d’accord avec la déclaration du psalmiste selon laquelle Dieu accorda une révélation spéciale à Israël. « Les oracles de Dieu leur ont été confiés », dit-il (Romains 3.1,2). Les oracles sont la même chose que « les saintes lettres » (2 Timothée 3.15). Aucune autre nation, ni aucun autre groupe de peuples, que ce soit les Babyloniens, les Egyptiens, les Grecs ou les Romains, n’a produit une collection d’écrits telle que la Bible. Ces nations ont laissé un héritage d’histoire, de littérature, de poésie et de théâtre, mais aucune n’a laissé quelque chose de similaire aux Ecritures hébraïques, un ensemble, cohérent et uni, d’écrits englobant l’histoire, la géographie, l’éthique et un système religieux, couvrant une période de plus de mille ans, et écrit par des auteurs différents. Ce caractère unique tient dans la source de l’Ancien Testament : la révélation divine et unique donnée à Israël. Bien sûr, il y avait un but divin derrière cette révélation. Dieu désirait que les Israélites, en tant que destinataires privilégiés de la révélation de Yahvé, partagent leur connaissance de Dieu avec d’autres nations. Depuis le commencement, Dieu avait déclaré son intention que « toutes les familles de la terre » soient bénies en Abraham et en ses descendants (Genèse 12.3; 22.18). Selon le plan de Dieu, les saintes Ecritures, qui avaient été confiées originellement aux Juifs, sont devenues l’héritage commun « à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple » (Apocalypse 14.6). Les Ecritures ne furent pas seulement données à Israël, mais à travers Israël à toute la famille humaine.

Un monothéisme unique

Le monothéisme est une caractéristique unique qui place les Ecritures hébraïques à part de toute autre littérature religieuse ancienne. Les autres nations étaient polythéistes et une grande partie de leur littérature sacrée se composait de mythes concernant des dieux et des déesses multiples. Par contraste, l’Ancien Testament parle de Yahvé comme le seul vrai Dieu et n’en admet pas d’autre : « Ecoute, Israël ! l’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6.4,5.) Cette confession de Yahvé comme étant le seul Dieu, le Dieu vivant, le Créateur du ciel et de la terre, constituait le fondement de la religion d’Israël. Il est vrai qu’à travers les siècles beaucoup d’Israélites furent séduits par l’attrait du polythéisme. Mais les prophètes les rappelèrent constamment à la foi en un Dieu unique. Finalement, le monothéisme prévalut en Israël. En dépit du désaveu des critiques modernes, la Bible, l’Ancien autant que le Nouveau Testament, ne connaît qu’un seul Dieu. Ce monothéisme unique de la Bible n’est ni le résultat du génie humain ni le fruit d’un processus d’évolution dans l’histoire de la religion d’Israël, mais c’est « une vision profonde inspirée et révélée par Dieu à son peuple4 ». Sans cette révélation spéciale, Israël aurait suivi le même chemin que les autres nations anciennes. Il n’y aurait pas eu de saintes Ecritures avec leur description caractéristique d’un Dieu suprême et souverain.

Unique par ses prédictions prophétiques

Les prédictions prophétiques constituent une autre preuve du caractère unique de la Bible. Les autres nations avaient des prophètes, mais ceux-ci n’ont jamais fait plusieurs centaines d’années à l’avance des prédictions qui se soient accomplies. Par exemple, la prophétie de Daniel 2, décrivant le déroulement de l’histoire depuis Babylone jusqu’à l’établissement du royaume de Dieu, en passant par les Mèdes et les Perses, la Grèce, Rome, la division des nations européennes, est absolument sans parallèle dans toute la littérature. Une telle prédiction prophétique va au-delà de la sagesse et de la prévoyance humaines. En fait, Daniel lui-même reconnut la source divine de cette prophétie alors qu’il l’expliquait au roi Neboucadnetsar : « Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait connaître […] ce qui arrivera dans la suite des temps. » (Daniel 2.28.)

Que la prédiction prophétique soit prise au sérieux dans les saintes Ecritures pour indiquer la nature du vrai Dieu doit être vu selon le défi que Yahvé lance : « Dites ce qui arrivera plus tard, pour que nous sachions si vous êtes des dieux. » (Esaïe, 41.23.) Seul le vrai Dieu peut révéler le futur, et c’est uniquement dans la Bible que nous trouvons des prédictions prophétiques qui se soient accomplies de façon exacte sur de longues périodes de temps. Cela fournit une puissante preuve que la Bible est la Parole de Dieu de façon unique.

Les critiques, bien sûr, ont dénigré le caractère singulier des révélations prophétiques en prétendant qu’elles ne sont rien de plus que de l’histoire écrite après coup. Pour établir de telles prétentions, ils doivent tordre les preuves sans vergogne. Par exemple, ils prétendent que les prophéties de Daniel, y compris celle du chapitre 2, ont été écrites par un écrivain inconnu au iie siècle avant J.-C. et non par Daniel au vie siècle avant J.-C. Même cela n’expliquerait pas cependant comment cet écrivain inconnu pouvait prévoir que le quatrième empire, Rome, serait le plus puissant des quatre et qu’il serait suivi par une situation de division qui durerait plus de 1 500 ans. Ainsi, face à toutes les preuves historiques et la preuve du livre de Daniel lui-même, il est dit que le quatrième royaume fait référence à la Grèce plutôt qu’à Rome, associant alors la prophétie de Daniel 2 (et les autres prédictions prophétiques de ce livre) à des événements passés ou sur le point de se produire lorsque cela a été écrit. Mais les preuves archéologiques, historiques et linguistiques favorisent fortement une datation du livre de Daniel5 du vie siècle avant J.-C. Cela conduit à la conclusion que la prédiction inégalée de Daniel 2 témoigne encore du fait que Dieu en est le véritable auteur.

Unique par son but rédempteur

Cependant les prédictions prophétiques de la Bible n’ont jamais été données dans l’intention de satisfaire la curiosité humaine. Elles furent données pour révéler le caractère et le but véritables de Dieu : sauver l’humanité du péché. Ce plan divin pour la rédemption de la race humaine fut dévoilé progressivement sur des centaines d’années, d’abord par anticipation, à travers les révélations données aux patriarches et aux prophètes, et enfin par l’incarnation du Fils de Dieu. Plus que toute autre chose, c’est ce but rédempteur qui donne à la Bible, tant l’Ancien que le Nouveau Testament, son caractère unique de Parole de Dieu. Depuis la première promesse de rédemption de Genèse 3.15 jusqu’à l’assurance finale de la grâce en Jésus-Christ d’Apocalypse 22.21, la Bible constitue une révélation unique et cohérente de Dieu à la recherche des êtres humains perdus.

Les promesses d’un rédempteur de l’Ancien Testament et leur réalisation dans l’incarnation, la vie, la mort, la résurrection et l’exaltation de Jésus de Nazareth tels qu’ils sont rapportés dans le Nouveau Testament, apportent l’évidence suprême que ces écrits sont vraiment divins. Paul exalte bien le caractère rédempteur unique de la Parole de Dieu : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (2 Timothée 3.16-17.)

Jésus lui-même fait fréquemment appel à l’Ancien Testament pour montrer que son ministère, sa mort et sa résurrection accomplissent ces promesses et prophéties. Mais beaucoup de chefs juifs rejetèrent ses prétentions et son interprétation des Ecritures. Jésus leur dit sans mâcher ses mots : « Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! […] Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit de moi. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? » (Jean 5.39,40,45-47.) Est-ce que ces mots ne sont pas applicables aujourd’hui à beaucoup d’érudits chrétiens qui, tout en prétendant faire une exégèse rigoureusement scientifique de la Bible, annulent le sens manifeste des prophéties de l’Ancien Testament et attribuent fréquemment leur interprétation et leur application dans le Nouveau Testament à la compréhension pleine de préjugés ou mal informée de l’Eglise primitive ?

Si nous croyons que Jésus est ce qu’il prétend être, « le chemin, la vérité, et la vie » (Jean 14.6), alors nous devons, comme lui, accepter que les Ecritures sont « la parole de Dieu » (Marc 7.13), comme une sainte Ecriture qui « ne peut être anéantie » (Jean 10.35). Il n’y a aucune preuve que Jésus fit appel à des écrits autres que les saintes Ecritures. Face aux tentations de Satan dans le désert, l’Ecriture fut sa seule arme. Il dit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4.4.)

Unique pour moi

J’ai grandi dans une famille profane. Nous n’avions chez nous ni prière, ni lecture de la Bible, ni adoration de Dieu. A dix-neuf ans, je quittai la maison pour étudier le droit à l’université de Groningen aux Pays-Bas, mon pays natal. Je ne comprenais pas le but de mon existence et je cherchais sérieusement le sens de la vie. En lisant la Bible, j’en vins à croire qu’elle renfermait les réponses à ma quête. J’acceptai Jésus-Christ comme mon Sauveur et Seigneur. La Bible devint un livre très précieux pour moi et je la reçus de bon cœur comme étant l’unique Parole de Dieu. J’abandonnai mes études de droit et me formai pour le ministère. Je travaillai dix ans comme pasteur et missionnaire, puis entrepris des études théologiques supérieures.

Au séminaire de théologie, je fus confronté à une foule de questions sur la Bible. Est-ce que Moïse avait vraiment écrit les livres qui lui sont attribués ? Est-ce que David était l’auteur de tous les psaumes qui portent son nom ? Est-ce que le livre d’Esaïe fut écrit par trois auteurs ou plus, plutôt que par le prophète Esaïe lui-même ? Est-ce que le livre de Daniel fut écrit au iie siècle avant J.-C. plutôt qu’au vie ? Est-ce que les récits du livre de la Genèse sont des mythes plutôt que des faits historiques ? Est-ce que les quatre évangiles sont criblés de contradictions et d’erreurs de fait ? Ma confiance en la Bible en tant que révélation divine fut ébranlée. Je commençai à me demander si la Bible était vraiment ce que j’avais cru qu’elle était lors de ma conversion, quatorze ans plus tôt. Je réalisai que si je perdais ma confiance en la Bible, je perdrais tôt ou tard ma foi en Christ, car c’est à travers les Ecritures qu’il s’est révélé à moi et me parle continuellement.

Après avoir beaucoup prié et étudié, je résolus de m’accrocher à Christ et à sa Parole, même si je ne pouvais pas répondre à toutes les critiques à ce moment-là. Maintenant, presque trente ans plus tard, après ces années remplies d’étude et de prière, de nombreuses questions ont trouvé des réponses, tandis que d’autres restent non résolues. Cependant, je crois qu’un jour Dieu me donnera les réponses, que ce soit dans cette vie ou dans le monde à venir. Mais après tout ce temps, avec toutes les preuves que j’ai pu étudier et au travers de ma relation personnelle avec un Sauveur aimant et plein de compassion, je suis, plus que jamais, convaincu que la Bible est vraiment la Parole de Dieu. Aucun autre livre n’a droit à ce titre.

Peter van Bemmelen (Th. D., Andrews University) est professeur de théologie au Seventh-day Adventist Theological Seminary. Son adresse : Andrews University; Berrien Springs, Michigan 49104; U.S.A.

* Les versets bibliques cités sont tirés de la version Louis Segond, 1978.

Notes et références :

  1. Notez, par exemple, ce qu’Ellen White a écrit en 1876, pendant une période où les critiques essayaient d’amoindrir la précision historique de la Bible : « Les biographies que nous trouvons dans la Bible sont des histoires authentiques. Depuis Adam et les générations successives jusqu’aux apôtres, nous avons un compte rendu pur et simple de ce qui c’est passé et de véritables expériences des caractères réels .» (Testimonies for the Church [Mountain View, Calif. : Pacific Press Publ. Assn., 1948], vol. 4, p. 9.)
  2. Voir Kenneth A. Kitchen, Ancient Orient and Old Testament (Downers Grove, Ill. : InterVarsity Press, 1966).
  3. Donald J. Wiseman, « Archaeology and Scripture », Westminster Theological Journal 33 (1970-1971) : 151, 152.
  4. Ronald Youngblood, « Monotheism », Evangelical Dictionary of Theology, Walter A. Elwell, éd. (Grand Rapids, Mich. : Baker Book House, 1984), p. 731.
  5. Voir Frank B. Holbrook, éd., Symposium on Daniel : Introductory and Exegetical Studies (Washington, D.C. : Biblical Research Institute, General Conference of Seventh-day Adventists, 1986).