Face au péché : Nous chutons tous, mais nous n’avons pas à rester par terre.

Il était là. Pendant un discours télévisé de quatorze minutes à la nation, le président des Etats-Unis admit sa participation à une « relation inconvenante » avec une jeune stagiaire et confessa que ses remarques antérieures touchant cette affaire avait trompé l’opinion. Une question revenait toujours à mon esprit. Comment se peut-il qu’un homme tel que le président Clinton – avec des qualifications académiques impressionnantes, une intelligence indiscutée, une passion pour le service public, une connaissance de la loi et de grands talents de communication – puisse choisir de risquer tant en faisant quelque chose de complètement absurde ? Comment une personne peut-elle agir de manière si inconséquente avec ce qu’elle sait être bien et sage ?

J’avais posé à peu près les mêmes questions il y a quelques années lorsque j’étais étudiant à l’université de La Sierra et à l’université de Loma Linda. Mes questions étaient liées à la signification et aux conséquences du péché. Pourquoi les adventistes continuent-ils à pécher, tout en sachant ce qu’ils savent ? Pourquoi échouons-nous si souvent à atteindre l’idéal de Dieu alors que nous avons reçu tant de lumière ?

Ayant été élevé et éduqué dans l’Eglise et dans une école adventiste, j’ai grandi avec une connaissance profonde de la théologie biblique. Bien que n’étant pas légaliste, je croyais, malheureusement, qu’une théologie correcte, et non la croix, était la clé du salut.

Heureusement, à l’université de La Sierra, j’en vins à comprendre que, bien qu’une appréciation des 27 doctrines fondamentales de l’Eglise fût nécessaire, elle n’était certainement pas suffisante pour apporter le salut. J’en vins peu à peu à reconnaître que l’expérience de la grâce de Dieu que je désirais tant ne venait pas de nos connaissances sur le Christ, mais de le connaître lui comme notre Sauveur personnel. En bref, des croyances correctes ne sont pas suffisantes pour garantir des actions correctes. Je devais avoir une relation juste.

La signification du péché

On se souvient de Saint Augustin surtout pour ses Confessions. Bien que le livre soit écrit sous forme autobiographique, son contenu théologique est riche. L’auteur y met à nu son âme, non dans un but détourné de célébrité, mais dans un souci et un désir spirituel réels d’épargner aux autres ce qu’il a souffert.

Augustin commit de sérieuses erreurs durant sa vie, et dans son livre il partage comment seule la relation avec Dieu l’a sauvé de lui-même. Il raconte comment le désir sexuel était en guerre avec sa conscience, comment la concupiscence le corrompait complètement, et comment une agitation incontrôlée l’amenait à être animé d’un mauvais zèle complètement opposé à l’idéal de Dieu pour sa vie.

Un jour, alors qu’Augustin était dehors dans le jardin, il entendit une petite fille répéter plusieurs fois, « Tolle lege, tolle lege » (« Prends et lis, prends et lis » en latin). Trouvant l’épître aux Romains sur une table voisine, il la prit et la lut. Mais il fit plus que de poser ses yeux sur les mots. Il rencontra la Parole. Confronté avec l’amour, la majesté et la puissance immenses de celui qui est amour, la vie d’Augustin fut changée pour toujours. L’information qu’il avait lue était importante, mais la communication du Saint-Esprit l’était bien plus. En se concentrant sur la Parole de Dieu, il expérimenta celui qui est la Parole.

Il y a très longtemps qu’Augustin vivait, mais son expérience nous parle aujourd’hui. Elle nous rappelle que le problème de l’humanité est moral. Il a peu à voir avec le nombre d’informations que nous avons et dépend beaucoup de notre harmonie avec Dieu. Augustin parla de « la chute » comme marquant le début du péché dans ce monde. Le péché n’était pas dans le plan de Dieu. Au contraire, Dieu nous avait créés à son image, avait déclaré que la race humaine était bonne et désirait avoir une relation avec nos premiers parents et leurs descendants.

Adam et Eve avaient tout ce qu’il fallait pour mûrir dans une relation toujours plus étroite avec leur Créateur. Dieu leur dit de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Mais ils choisirent de désobéir. Adam et Eve ne tombèrent pas par ignorance mais par désobéissance. Le Christ dut mourir non pas tant pour nous apporter un savoir mais essentiellement pour établir une relation avec nous.

La Bible nous dit que la désaffection est l’une des conséquences du péché (Genèse 3.10-13). La toute première chose qu’Adam et Eve firent après avoir désobéi à Dieu fut de le fuir pour éviter sa présence. Puis, lorsque Dieu les confronta, au lieu de reconnaître leur faute, ils se la rejetèrent l’un sur l’autre. Comme résultat de leur péché, ils s’éloignèrent de Dieu et par conséquent l’un de l’autre. Le péché entraîne une rupture des relations. Nos relations horizontales ou terrestres dépendent d’une relation verticale ou céleste solide.

Dieu n’est pas seulement le Créateur de tout ce qui existe. Dieu est comme un arbre qui unit toutes les branches. Sans Dieu il n’y a pas d’unité. Sans Dieu nous sommes seuls. C’est ce que le Christ expérimenta sur la croix : l’absence de Dieu.

Une autre conséquence du péché est la condamnation (Romains 5.18). Comme ceux qui désobéissent consciemment à Dieu, nous avons encouru le jugement divin. Nous avons été jugés coupables. Et nous vivons dans l’esclavage du péché qui s’en suit. Le péché non seulement rompt notre relation avec Dieu, il nous rend rebelles à Dieu et nous confère des tendances fatales. Adam et Eve firent plus que de laisser un mauvais précédent, ils nous ont mis sur un chemin dont nous ne pouvons nous sortir par nous-mêmes. Nous sommes condamnés. « Le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6.23).*

Le triomphe de la croix

Heureusement, le péché et la mort n’ont pas le dernier mot. Paul continue au même verset avec la bonne nou-

velle : « Mais le don gratuit de Dieu c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Nous avons un Dieu aimant qui ne veut pas nous abandonner. Alors il envoya son Fils unique mourir pour nous. « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. » (Romains 5.18,19) Le Christ a triomphé du péché alors qu’il était cloué à la croix, et sa résurrection ne laisse aucun doute sur sa victoire. C’est vraiment une bonne nouvelle.

Nous pouvons être assurés que nous ne sommes pas seuls. Dieu est vraiment avec nous. Car en mourant sur la croix, le Christ a chassé la désaffection. Il a rendu possible notre union avec lui et il réconcilie le monde avec lui-même

(2 Corinthiens 5.19). Grâce à la croix, il n’y a plus de condamnation. Dieu ne voit pas un verdict de culpabilité écrit sur nos cœurs. Au contraire, il voit la robe de la justice du Christ. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ... Nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. » (Romains 8.1,4)

Nous continuerons à lutter avec notre nature déchue (voir Romains 7) car nous sommes impuissants à faire le bien par nous-mêmes. Mais Dieu peut nous transformer et nous donner la puissance si nous le laissons faire. Oui, « je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4.13).

Comme Paul, comme Augustin, comme Clinton et comme chacun de nous, nous échouerons face à Dieu. Nous tomberons, mais nous n’avons pas à rester par terre. La grâce de Dieu est suffisante pour nous relever et nous aider à marcher de nouveau dans le chemin de la foi.

David A. Pendleton, adventiste, est juge et sénateur à Hawaii. Son « profil » fut publié dans Dialogue 10 : 3 (1998). Adresse postale : State Capitol ; Honolulu, Hawaii 96813 ; U.S.A. E-mail : reppendleton@capitol.hawaii.gov

* Les citations bibliques sont toutes tirées de la version Louis Segond 1910.