Comment craindre Dieu sans avoir peur

« Craignez Dieu et donnez-lui gloire » (Apocalypse 14.71).

Lorsque Dieu nous a créés, il nous a fourni un système d’alarme pour nous protéger du danger et de la douleur. Un des principaux senseurs de ce système d’alarme est la sensation de peur qui sert de clignotant d’avertissement semblable aux signaux du tableau de bord des automobiles. Mais un ennemi a trafiqué ce système interne d’alarme de façon à ce que beaucoup ne soient pas capables de distinguer les « bonnes frayeurs » (peur salutaire) des « mauvaises frayeurs » (peur malsaine). Quand notre système d’alarme sonne continuellement, nous perdons la faculté de filtrer les mauvaises alarmes. Satan profite de ce mauvais fonctionnement pour nous emprisonner en brouillant notre sens de la réalité avec de fausses peurs qu’il a implantées dans nos vies : anxiétés, nervosité, soucis, préoccupations, consternations, terreurs, craintes, paniques. C’est pourquoi la Bible exhorte dans plus de 300 passages : « N’aie pas peur. » Mais comment comprendre en même temps les expressions bibliques « crains Dieu » et « ne crains pas » Voici quelques perspectives qui peuvent résoudre ce paradoxe.

La « crainte de Dieu » est une bonne crainte

Réfléchissez sur ces versets :

Considérez également les versets suivants :

Vivre un paradoxe

Aimeriez-vous vivre un paradoxe où deux affirmations, s’excluant apparemment, sont vraies Mike Yaconelli, fondateur du ministère chrétien, Youth Specialties, semblait comprendre ce paradoxe quand il écrivit sur les deux aspects de la crainte :

« La tragédie de la foi moderne est que nous ne sommes plus capables d’être terrifiés. Nous ne craignons pas Dieu, nous ne craignons pas Jésus, nous ne craignons pas le Saint-Esprit. Par conséquent, nous avons fini par avoir un Évangile centré sur les besoins de l’homme qui attire des milliers de personnes [...] mais qui ne transforme personne. [...] J’aimerais que l’Église redevienne un endroit de terreur ; un endroit où Dieu doive constamment répéter “n’aie pas peur” ;un endroit où notre relation avec Dieu ne serait pas simple croyance, doctrine ou théologie, mais présence de Dieu dans nos vies. Je veux dire qu’il serait souhaitable que le Dieu domestiqué qui nous intéresse pour ce qu’il peut nous apporter soit remplacé par le Dieu dont la présence anéantit notre ego dans la poussière, réduit nos péchés en cendres, et nous met à nu pour révéler notre vraie personne. [...] L’Église a besoin de devenir un endroit glorieusement dangereux, où rien n’est en sécurité en la présence de Dieu, sauf nous. Rien, y compris nos projets, nos agendas, nos priorités, notre politique, notre argent, notre sécurité, notre confort, nos possessions, nos besoins. [...] Notre monde languit après des gens dont le Dieu est grand, saint et effrayant, bon et tendre comme le nôtre ; un Dieu qui aime nous pousser dans ses bras puissants où il désire chuchoter ces mots terrifiants : “Je t’aime” »2.

La crainte de Dieu fait partie intégrante de la grâce de Dieu. John Newton, auteur du cantique « Amazing Grace », en a très bien rendu la réalité quand il écrivit :

« C’est la grâce qui m’a appris à craindre, et c’est encore elle qui dissipe ma peur. »

La « crainte du Seigneur » nous protège des peurs malsaines

Rouler moins vite après avoir été témoin d’un accident est une réaction normale. Mais il n’est pas dans le dessein de Dieu que nous vivions dans un état perpétuel de préoccupation et de crainte pour nous protéger du danger. Dans sa grâce, Dieu veut réparer notre système d’alarme interne de façon à ce que, selon les mots d’Oswald Chambers, nous sachions que, quand « vous craignez Dieu, vous ne craignez rien d’autre, alors que, quand vous ne craignez pas Dieu, vous avez peur de tout le reste »3.

Vivre sous la grâce de Dieu nous permet de discerner toutes les fausses alarmes. Une de ces fausses alarmes est la crainte des événements des derniers jours, ces temps troublés dont la Bible nous parle (Marc 13.19 ; Luc 21.25). Si jusqu’à maintenant vous avez cru que la crainte de l’imminent temps de la fin est une de vos principales armes contre les tromperies des derniers jours, alors Satan vous a bien eu. Si nous avons peur de tout sauf de Dieu, nous serons trompés. Dieu est le seul être dans l’univers digne de crainte.

La crainte malsaine nous enchaîne, nous maintient au sol, nous empêche d’avancer, de grandir et de devenir la personne que Dieu a voulu créer. Que de pertes dans nos vies à cause de la peur ! En effet, les gens craintifs ont plus de chances d’être trompés que les personnes sûres d’elles-mêmes, parce que ce qu’elles craignent les contrôle.

Satan utilise les peurs malsaines pour perturber la foi en Dieu

Satan cherche constamment des opportunités de tirer avantage de nos peurs. À chaque peur, il tente de détourner notre regard de notre Père céleste, nous suggérant que Dieu n’est pas assez bon, puissant ou capable pour prendre en main notre situation spécifique. Puis il nous suggère de prendre la situation en main nous-mêmes, parce que, après tout, nous ne pouvons pas faire confiance à un Dieu qui ne semble pas faire son devoir.

Quand nous ne craignons pas le Seigneur, nous avons peur de tout le reste. Par conséquent :

John Ortberg décrit ainsi la peur malsaine : « La peur chuchote à nos oreilles que Dieu n’est pas assez grand pour prendre soin de nous. Elle nous dit que nous ne sommes pas en sécurité entre ses mains. Elle déforme notre façon de croire en lui. [...] La peur a créé plus d’hérétiques qu’aucune mauvaise théologie, puisque elle nous fait vivre comme si nous avions un Dieu limité, fini, partiellement présent, semi-compétent »4.

Quand nos craintes deviennent trop grandes pour que Dieu s’en occupe, nous ouvrons la voie à l’idolâtrie qui consiste à se faire de faux dieux capables de prendre en main nos problèmes et nos insuffisances, plutôt que de nous tourner vers Dieu. Par conséquent, la peur salutaire de Dieu en tant que réponse à son Évangile éternel est un des meilleurs antidotes de Dieu à toutes les séductions des derniers jours.

La crainte du Seigneur nous permet d’avoir une relation de communion intime avec le Créateur. Alors que nous adorons Dieu, nous découvrons qu’il veut ôter nos fardeaux, apaiser nos craintes et nous donner paix et repos. « Mais moi, par ta grande fidélité, je viens à ta maison ; dans la crainte qui t’est due, je me prosterne devant ton temple sacré. » (Psaume 5.8)

La prochaine fois que vous aurez peur, rappelez-vous que le psalmiste dit : « Le jour où j’ai peur, moi, c’est en toi que je mets ma confiance. [...] C’est en Dieu que j’ai mis ma confiance, je n’ai pas peur : que pourraient me faire des humains » (Psaume 56.4,12)

Ervin K. Thomsen (doctorat de l’université Andrews) est l’auteur de nombreux articles et dirige actuellement Healing Stream Ministries, http://www.streamofhealing.org.

RÉFÉRENCES

  1. Toutes les citations bibliques viennent de la Nouvelle Bible Segond.
  2. Mike Yaconelli, http://www.youthspecialties.com/articles/Yaconelli/fear.php.
  3. Oswald Chambers, Run This Race : The Complete Works of Oswald Chambers (Grand Rapids, Michigan : Discovery House Publishers, 2000). Méditation pour le 23 août.
  4. John Ortberg, If You Want to Walk on Water, You’ve Got to Get Out of the Boat (Grand Rapids, Michigan : Zondervan Publishing House, 2001), p. 43.