L’eau : un défi à l’évolution ?

Sans eau, le foisonnement de vie sur notre terre serait impossible.

Depuis des décennies, une lutte mondiale se livre subrepticement, à l’insu d’un grand nombre. Dans cette lutte, on ne voit ni troupes armées, ni préparatifs militaires. En fait, les armes utilisées se résument à de l’encre, du papier, des médias. Il s’agit d’une lutte idéologique, comme vous l’aurez deviné, d’une lutte pour déterminer l’origine de la vie humaine et des espèces.

L’ouvrage de Charles Darwin, De l’origine des espèces, publié il y a plus de 150 ans, est le point de départ de cette controverse des temps modernes. Il a suscité un débat mondial sur les origines de la vie telle que nous la connaissons. En fait, il ne propose que deux options : création ou évolution. La première soutient que la vie et l’univers sont venus à l’existence selon les plans d’un être intelligent qui a ensuite veillé à leur exécution. La seconde affirme que l’existence des millions d’espèces vivantes est le produit du hasard, une conséquence naturelle des lois naturelles excluant toute intervention externe. Dans cette lutte, chaque camp avance des preuves pour faire valoir sa position, lesquelles sont soumises à l’interprétation.

La controverse sur les origines porte sur les êtres vivants. Cependant, même dans le monde inerte, nous pouvons trouver des preuves d’une planification et d’une conception. Dans cet article, nous allons nous pencher spécifiquement sur un exemple du monde inerte : l’eau. Pourquoi l’eau est-elle aussi essentielle à la vie humaine ? La réponse se trouve dans ses propriétés physiques et chimiques.

Un liquide inégalé

À travers leurs expériences scientifiques et grâce aux progrès de la chimie organique, les hommes ont synthétisé un grand nombre de liquides. Ainsi, des liquides tels que l’acétone, l’acide acétique, le chloroforme, le benzène et l’éther ont vu le jour. Cependant, aucun d’eux n’est comparable à l’eau. La « planète bleue », telle qu’on la voit depuis l’espace, doit sa magnifique couleur aux océans, lesquels couvrent les deux tiers de la surface du globe. À l’état pur, l’eau possède des propriétés fort bien connues. Elle est incolore, inodore et insipide. En général, les liquides comptent certaines autres propriétés que l’on peut quantifier en laboratoire. Quand on compare les données entre elles, il apparaît que les propriétés de l’eau surpassent celles des autres liquides et de certains solides.

Un remarquable régulateur de température

Si vous êtes déjà allé à la plage par une journée ensoleillée, vous avez sans doute remarqué que le sable humide n’est pas aussi chaud que le sable sec. L’eau, en effet, est dotée d’une grande inertie thermique1. Voilà une qualité impressionnante ! Si nous chauffons de l’eau et d’autres substances dans les mêmes conditions, nous voyons que la température de l’eau monte moins rapidement que celle des autres substances. La capacité calorique de l’eau est plus élevée. En revanche, le sable, la surface de la terre et les rochers se réchauffent plus rapidement. C’est ce qui explique les journées plus chaudes du désert et ses nuits plus fraîches en comparaison avec des endroits situés près de grandes étendues d’eau. Bref, sa grande inertie thermique combinée à son abondance fait de l’eau un régulateur de température géant qui maintient les températures de la planète dans des limites favorisant le développement de la vie.

Une capacité de flottaison providentielle

Plaçons un morceau d’aluminium solide sur de l’aluminium liquide fondu à haute température. Que remarquons-nous ? Le morceau solide ne tarde pas à toucher le fond à cause de sa densité plus élevée. On obtient le même résultat avec n’importe quel solide déposé sur sa forme liquide. Comme sa densité est plus élevée, la forme solide tombe toujours au fond de sa forme liquide.

Maintenant, imaginez un grand cours d’eau. En hiver, l’eau à la surface gèle à cause de l’air froid. On pourrait s’attendre à ce qu’une fois gelée, la glace coule et se dépose au fond, et que le processus recommence. Si tel était le cas, toute vie aquatique finirait par être détruite…

Heureusement, l’eau présente sous la glace reste liquide. En effet, lorsque l’eau gèle, les molécules d’eau forment un réseau cristallin de sorte que la glace gagne en volume pour une même quantité de matière. La glace est donc moins dense que l’eau. Par conséquent, pour un même volume d’eau, elle est plus légère, ce qui lui permet de flotter. Véritable agent isolant, la glace empêche toute congélation additionnelle, protégeant de ce fait la flore et la faune aquatiques.

En outre, l’eau dissout l’oxygène présent dans l’air de sorte que les poissons et les autres créatures aquatiques peuvent respirer et survivre.

Sang, sueur et sève

On appelle l’eau, à juste titre, le solvant universel, puisqu’elle peut dissoudre de nombreux sels et substances. Un milieu aqueux est nécessaire pour que les réactions chimiques des diverses molécules puissent se produire à l’intérieur des cellules. C’est là une condition essentielle à la vie des organismes vivants – même les plus microscopiques. Ainsi, depuis les temps anciens, on conserve les aliments au moyen de la déshydratation parce que sans eau, les microorganismes qui les corrompent ne peuvent survivre.

Le genre humain et le règne animal dépendent d’un système de circulation interne, lequel permet à leurs cellules de recevoir les nutriments et d’excréter les déchets qu’elles produisent. Le sang se charge de ce double rôle. Ses globules rouges passent par les poumons et capturent l’oxygène qui est ensuite distribué d’un bout à l’autre du corps. Ceci explique pourquoi une hémorragie peut rapidement entraîner la mort d’un être vivant. L’eau, ce solvant universel, assure l’efficacité et le bon fonctionnement de ce merveilleux liquide organique.

En période d’exercice intensif, nos muscles produisent un excès de chaleur dont le corps doit se débarrasser pour préserver sa température interne. Or, notre corps possède un système de refroidissement absolument génial. L’exercice physique entraîne la formation de petites gouttes de sueur sur notre peau. Par un processus d’évaporation, ce liquide corporel, aussi à base d’eau, abaisse la température du corps, nous rafraîchissant par le fait même2. Ainsi, l’eau contribue à régulariser efficacement la température corporelle.

Les plantes dépendent aussi de l’eau pour survivre. Dépourvues de cœur et de système circulatoire, elles possèdent cependant un mécanisme impressionnant d’absorption d’eau et de nutriments grâce à leurs racines. Ce mécanisme se joue de la gravité. Il permet à la sève d’atteindre les couronnes des arbres les plus hauts. Nous ne comprenons toujours pas complètement ce mécanisme étonnant. Il est néanmoins interprété par la théorie de la tension-cohésion, laquelle repose sur les propriétés de l’eau. Selon cette théorie, les hauts niveaux de la tension de surface et de traction se combinent à la force de cohésion de l’eau. Expliquons. Quand l’eau du feuillage se vaporise au contact de l’air, un appel d’eau se crée. Chaque couche liquide qui passe à l’état de vapeur est aussitôt remplacée par une autre qui arrive. De cette manière, plus l’interface liquide-gaz est petite, plus l’eau se vaporisera vite et attirera d’autant plus rapidement la couche d’eau sous-jacente. La transpiration foliaire permet ainsi la montée de la colonne d’eau depuis les racines jusqu’à la cime des arbres, quelle que soit leur hauteur. Toutes les conditions sont ainsi réunies pour permettre l’existence des séquoias majestueux et d’autres grands arbres.

Un point d’ébullition élevé

Tous les liquides, quand on les chauffe, atteignent un seuil de température appelé point d’ébullition3. Un liquide à l’état pur va toujours bouillir à la même température. Tout liquide peut ainsi être identifié en fonction de son point d’ébullition et d’autres propriétés. Le point d’ébullition de l’eau est près de 200°C plus élevé que ce que prévoit le tableau périodique4. Si tel n’était pas le cas, l’eau ne pourrait exister que sous forme de vapeur sur la terre, ce qui rendrait impossible les réactions chimiques essentielles. Par conséquent, le point d’ébullition élevé de l’eau rend possible la vie sur cette planète.

Une vraie eau de vie

Il existe une forme curieuse de l’eau, à savoir l’eau lourde. Il est bien connu qu’une molécule d’eau se compose de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène (exprimé par la formule H2O). Dans l’eau lourde, les deux atomes d’hydrogène sont substitués par deux atomes de deutérium, un lourd isotope d’hydrogène. La nouvelle formule, c’est D2O. Dans chaque échantillon d’eau, il y a une molécule de D2O pour 7 000 molécules de H2O – un ratio très bas. Cependant, les scientifiques peuvent produire de l’eau lourde à presque de 100 % de D2O. On l’utilise dans les réacteurs nucléaires en guise de modérateur de neutrons. L’eau lourde ressemble à l’eau ordinaire (ou légère), mais ses propriétés sont quantitativement plus élevées. Étonnamment, les graines trempées dans cette eau ne germent pas, et les souris qui la boivent meurent de soif.

L’eau, c’est littéralement la vie. Pas d’eau, pas de vie, un point c’est tout. Dans les déserts arides, la vie animale et végétale se fait rare. Mais là où l’eau abonde, comme dans les forêts tropicales, il y a foisonnement de vie. Ainsi, la vie est directement proportionnelle à la présence de l’eau. Il faut savoir que chaque créature est composée de 70 à 95 % d’eau. La corrélation entre l’eau et la vie est si étroite que lorsque les astronomes découvrent de l’eau sur une planète, ils avancent l’hypothèse d’une possible forme de vie.

L’eau réfute le darwinisme

Notre planète bleue est unique. Les astronomes ont rapporté l’existence de calottes glaciaires sur Mars et sur certaines lunes de notre système solaire. Cependant, il n’y a pas d’eau à l’état liquide sur ces corps célestes. Les autres planètes et lunes ne peuvent retenir l’eau sous sa forme liquide parce que leur température est trop élevée (l’eau se vaporiserait), ou trop froide (l’eau ne pourrait exister que sous forme de glace). En revanche, le doux climat de la Terre nous procure l’eau sous ses trois formes – liquide, glace, vapeur.

Le pur hasard, fondement même de la pensée darwinienne, ne peut expliquer de façon convaincante la coexistence de la longue liste des facteurs essentiels à la vie dans notre demeure cosmique. Parmi eux, nous pourrions mentionner, en plus de l’eau, la distance parfaite du soleil par rapport à la terre, une température idéale, et la présence d’une atmosphère dotée d’une concentration adéquate d’oxygène. Il est fort improbable qu’une série d’accidents heureux puissent produire un système aussi parfaitement adapté à la vie que celui dont nous jouissons sur cette planète. Il est encore moins rationnel de penser qu’en tant que substance chimique, l’eau ait « évolué » pour atteindre ses propriétés actuelles, lesquelles sont, en fait, essentielles à la vie. Il est impossible à la matière inerte de jouer un rôle dans le processus évolutionniste. On peut donc avancer que l’eau, cette substance extraordinaire, a été conçue pour nourrir la vie et la maintenir.

Ordinaire et… extraordinaire

En dépit de son côté ordinaire, l’eau reste extraordinaire. Sa capacité de s’évaporer aisément à la surface des océans et des lacs, de se condenser en nuages, lesquels donnent finalement la pluie, rend possible un immense système de distillation qui nous fournit de l’eau pure, essentielle à la vie. Les chimistes savent que les propriétés inhabituelles de l’eau proviennent de la capacité des molécules d’eau à former des « liaisons hydrogène ». Lorsque les propriétés de l’eau sont quantitativement comparées aux propriétés d’autres substances, celles de l’eau sont habituellement plus élevées. Sans ses grandes propriétés thermales, sa température de vaporisation élevée, sa flottabilité inhabituelle dans son état solide, et sa cohésion moléculaire impressionnante, entre autres, aucun organisme vivant ne pourrait espérer survivre. Vraiment, l’eau est une substance chimique conçue précisément et parfaitement pour la vie.

Nous avons besoin d’eau pour faire la cuisine, nous hydrater, nous laver. Néanmoins, l’eau exerce beaucoup d’autres fonctions. Elle est une substance magique qui tire les graines de leur dormance et provoque leur germination. La santé est intimement liée à l’eau. L’eau en utilisation interne et externe est une recette simple et bon marché pour prévenir un grand nombre de maladies.

Ce liquide étonnant est un maillon additionnel dans la chaîne des éléments de preuve que le créationnisme utilise pour affirmer que la vie, notre planète et l’univers ont été conçus par un être intelligent.

Sur notre planète, la vie se manifeste partout. Or, sans eau, ce foisonnement de vie ne serait pas possible. Dans la lutte sur nos origines, le darwinisme ne peut, de façon convaincante, défendre son hypothèse, à savoir que l’apparition de la vie et de la matière, dont l’eau, est due au hasard. Lorsque nous nous arrêtons pour analyser les propriétés étonnantes de l’eau, les éléments majeurs de la preuve qui soutiennent le créationnisme s’imposent résolument à nous.

Hugo García, titulaire d’une maîtrise en chimie (Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas), a enseigné la chimie à l’Université Lisandro Alvarado, au Venezuela. Actuellement, il est superviseur des processus chimiques dans une compagnie privée du Venezuela.

RÉRÉRENCES

  1. La capacité thermale, c’est la quantité d’énergie nécessaire pour élever de 1ºC la température d’une unité de masse d’une substance. La capacité thermale de l’eau est de 2 à 30 fois plus élevée que celle d’autres substances.
  2. À l’évaporation, chaque gramme d’eau soustrait 540 calories du corps, une quantité substantielle de chaleur.
  3. Le point d’ébullition change en altitude : c’est pourquoi on le calcule habituellement par rapport au niveau de la mer.
  4. On peut visualiser ceci en utilisant une charte pour montrer le point d’ébullition des hydrures des éléments du groupe de l’oxygène (l’eau est de « l’hydrure d’oxygène ») dans le tableau périodique par rapport à leur numéro atomique.