L’intelligence émotionnelle : une compréhension biblique

Ceux qui connaissent le succès sont ceux qui non seulement disent la vérité aux autres, mais qui se la disent à eux-mêmes.

Selon une étude menée par des chercheurs de l’armée américaine, des volontaires privés de sommeil pendant deux nuits ont démontré une diminution de leur capacité à prendre des décisions lorsque confrontés à des dilemmes moraux chargés d’émotivité1. Fait significatif, dans cet état de privation de sommeil, certains volontaires ont changé d’opinion quant à ce qui est moralement acceptable. Les volontaires qui, au début de l’étude, avaient une haute mesure d’« intelligence émotionnelle », sont restés fidèles à leurs opinions. Est-il possible que vous soyez, de temps à autre, confronté à un dilemme moral chargé d’émotivité ? Il suffit de lire les Écritures et d’observer le monde moderne pour savoir que nous serons tous confrontés à ce genre de dilemme dans un proche avenir (voir Apocalypse 13.12-17).

Le rôle de l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle (IE) ne se rapporte pas uniquement au processus de décision. Des études révèlent que si le premier emploi que vous occupez à la fin de vos études est lié à votre quotient intellectuel (QI), votre réussite professionnelle, elle, ne repose pas sur celui-ci2, ni même sur vos résultats scolaires3. Cette réussite est plutôt liée à votre IE4. En outre, votre réussite et votre bonheur ont plus de liens avec votre IE qu’avec toute autre forme d’intelligence5.

Diverses études scientifiques ont démontré qu’une augmentation de l’IE a pour effet de prévenir ou de traiter la dépression, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs, le stress post-traumatique, l’anorexie, la boulimie et les dépendances telles que l’alcoolisme6,7,8. Le programme en douze étapes des Alcooliques Anonymes donne des résultats très positifs. Cependant, lorsqu’on combine ce programme à une formation sur le développement de l’intelligence émotionnelle, eh bien, il a quatre fois plus de succès.

Qu’en est-il des personnes qui ne souffrent pas de dépendances ou de problèmes de santé spécifiques ? Il a été montré que le développement de l’IE résulte en une pensée plus claire et une meilleure communication9. En outre, une meilleure IE favorise l’unité dans les groupes, diminue les déclarations péremptoires, et permet une vie plus heureuse10.

Les facteurs qui influent sur l’intelligence émotionnelle

Les facteurs qui influent sur l’IE ont été bien étudiés au cours de la dernière décennie. Le patrimoine génétique, l’enfance (éducation reçue et expériences vécues11), et le niveau actuel de soutien émotionnel12 comptent parmi les moins importants.

Le plus important de ces facteurs, c’est ce que nous croyons 13. Nos émotions se fondent en grande partie sur nos croyances – notre évaluation des événements, notre manière de percevoir les problèmes, nos monologues intérieurs silencieux (parfois pas si silencieux que ça !). Nos croyances ont donc beaucoup plus d’impact sur notre état émotionnel que les événements en tant que tels.

Prenons, par exemple, le cas de Paul et de Silas. Sans autre forme de procès, les magistrats les font rouer de coups. Puis, après leur avoir lié les poignets et mis les ceps aux pieds, ils les jettent sans ménagement sur le sol dur d’une prison (Ac 16.22-24). Paul et Silas pleurent-ils ? Se lamentent-ils ? Loin de là ! Ils chantent les louanges de Dieu ! Pourquoi ? Parce que leurs pensées triomphent de leurs circonstances.

La « psychologie » populaire conseille aux persécutés de ce monde de se réfugier dans un monde imaginaire. Paul et Silas auraient pu imaginer être couchés sur le sable chaud d’une plage plutôt que sur le sol glacé d’une cellule. Essayez cette technique, et vous verrez que votre évasion ne durera pas plus de 1,2 seconde ! La moindre sensation désagréable fera exploser illico votre fantaisie tropicale. Heureusement, Paul et Silas ont des croyances, des priorités qui les élèvent au-dessus de leurs circonstances présentes. Ces pensées correctes et justes sont si puissantes qu’ils peuvent louer Dieu.

En résumé, l’IE peut être apprise. Et puisqu’elle peut être apprise plutôt que tout bêtement héritée, elle peut se développer. Alors, comment préserver, mais aussi développer efficacement l’IE ? Plusieurs principes s’offrent à notre exploration14, mais nous nous contenterons d’en illustrer trois, en nous appuyant sur des exemples tirés de la Bible.

Le cas de Saül

La vie du premier roi d’Israël illustre très bien un cas de distorsion cognitive. Saül était grand, très beau (1 S 9.1,2), et riche par-dessus le marché. Malgré ces avantages apparents, des pensées négatives – de grossières distorsions de la réalité – commencèrent à se développer dans son esprit. Même si, à première vue, ses pensées semblaient justifiées, elles étaient irrationnelles et déformées.

Trois causes sont responsables des tourments de Saül. La première et la racine des autres consiste en la distorsion cognitive de l’amplification et de la minimisation. En d’autres termes, Saül amplifie les choses de peu d’importance et minimise celles qui en ont vraiment. Voyons un exemple de minimisation. Un jour, le prophète de Dieu lui demande pourquoi il n’a pas suivi les instructions divines. Tout de suite, Saül s’efforce de prouver qu’il a suivi certaines d’entre elles (1 S 15.20,21). Voici essentiellement ce qu’il dit : « Pourquoi ne te contentes-tu pas de parler des bonnes choses que j’ai faites ? Pourquoi fais-tu toute une histoire de ces peccadilles ? » Lorsque Saül a mauvaise conscience, il blâme les autres pour se justifier et, de ce fait, minimise sa culpabilité. Ellen White écrit : « Si vous avez commis une faute, vous remporterez certainement une victoire en reconnaissant cette faute et en y voyant un avertissement. Vous pourrez ainsi changer votre défaite en victoire, décourager l’adversaire et glorifier votre Rédempteur. »15

Saül a un deuxième problème : il se croit victime d’injustice. Voyez-le s’insurger contre la sentence prononcée sur lui, jugeant que la punition est excessive par rapport au crime commis. A-t-il raison ? Le verdict transmis par l’intermédiaire de Samuel a été prononcé par Dieu lui-même. Est-il injuste ? En réalité, beaucoup de ceux qui prétendent souffrir d’injustice sont traités de manière très équitable.

Ceci étant dit, nous devons reconnaître que personne n’est traité constamment avec justice. Cependant, lorsque nous nous arrêtons sur une quelconque injustice, lorsque nous la ruminons sans arrêt, il en résulte à coup sûr des problèmes émotionnels. Ellen White dit encore : « Si des épreuves inexplicables surviennent, il ne faut pas qu’elles nous ravissent notre paix intérieure. Quelque injuste que soit la façon dont nous pourrons être traités, ne nous laissons pas aller à la colère. En nourrissant un esprit de vengeance, nous nous nuisons à nous-mêmes, nous perdons notre confiance en Dieu et nous attristons le Saint-Esprit. »16

Le troisième aspect de la pensée déformée de Saül, lequel est relié à son problème d’amplification, consiste en un amour-propre démesuré (1 S 15.16-19). Ce sentiment a mené Neboukadnetsar à la folie – « N’est-ce pas ici Babylone la grande que j’ai bâtie ? » (Dn 4.27) – et Lucifer à sa perte – « J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles des cieux. » (Es 14.13,14) Cet amour-propre ou orgueil démesuré est facilement blessé. Ainsi, Saül ne voit pas d’un bon œil que les gens, particulièrement les femmes, lui préfèrent un autre chef (1 S 18.6-9).

Comparons l’attitude de Saül à celle du Christ : « Il n’était jamais enivré par les applaudissements ni découragé par les reproches ou les déceptions. »17 La première clause est la clé de la seconde. Si les applaudissements ne nous enivrent pas, si nous sommes humbles et n’entretenons pas un amour-propre démesuré de nous-mêmes, la censure ou les déceptions ne nous atteindront jamais.

« Ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. » (Ph 2.3) L’humilité n’est pas synonyme d’une mauvaise estime de soi. Nous savons que Christ aurait donné sa vie pour une seule âme, ce qui indique la valeur infinie qu’il nous accorde. Il n’existe pas d’ordre de grandeur dans l’infinité. Lorsque, soudain, nous nous estimons supérieurs à notre voisin pour lequel Christ est aussi mort, c’est que nous sommes tombés dans le piège de l’arrogance et de l’orgueil.

Après avoir suivi la thérapie recommandée pour guérir de sa dépression, Saül va mieux pour un temps (1 S 16.23). Hélas, les trois causes de son malheur sont toujours actives, et la troisième, l’orgueil blessé, s’aggrave encore. Petit à petit, Saül s’enfonce dans l’angoisse et une profonde dépression. Malgré son haut potentiel, il continue à vivre égoïstement. Il ne met pas toute sa confiance en Dieu. Il ne réprime son orgueil que quelques jours à la fois et se satisfait d’une obéissance partielle. Au final, ployant sous le stress et se sentant acculé par ses ennemis, Saül met fin lui-même à sa triste vie.

Le cas de Salomon

Le premier paragraphe d’un article publié par CNN présente l’avertissement suivant : « La prochaine fois que vous devrez choisir entre de la crème glacée et un gâteau, entre l’achat d’une voiture et un voyage en Europe, entre accepter un nouvel emploi ou conserver l’ancien, souvenez-vous des deux choses que voici. Primo, votre décision s’enracine dans le désir de trouver le bonheur ou, pour le moins, d’être plus heureux que vous ne l’êtes présentement. Secundo, il est probable que la décision que vous prendrez ne soit pas la bonne. »18

Ce qui nous amène à la seconde distorsion cognitive, à savoir le raisonnement émotionnel. Il en va ainsi : « Je me sens nul, donc je suis nul. Je me sens complètement dépassé et sans défense, donc mes problèmes sont insolubles. Je suis le meilleur, donc je suis invincible. Je suis fâché contre toi, ce qui prouve que tu t’es montré cruel et insensible à mon égard. » Ce genre de raisonnement explique en partie pourquoi les gens développent des dépendances. La dépression est endémique dans notre société,20. À l’instar de Salomon, nous semblons croire que les amusements et les biens sont les remèdes à la dépression. « J’ai dit en mon cœur : Allons ! je vais t’éprouver par la joie et n’arrêter ma vue que sur le bonheur. […] Tout ce que mes yeux ont réclamé, je ne les en ai pas privés ; je n’ai refusé aucune joie à mon cœur. » (Ec 2.1,10) Si les choses agréables pouvaient prévenir ou traiter la dépression, alors il ne devrait y avoir que peu de cas de dépression. Or, en est-il vraiment ainsi ?

La plupart des « choses amusantes » auxquelles nous nous adonnons peuvent libérer de la dopamine dans notre cerveau, cette libération s’accompagnant de plaisir. Mais ensuite, le niveau de dopamine chute bien en-dessous du neutre. En outre, plus nous nous adonnons à notre dépendance, moins nous éprouvons de pics. Assez vite, notre dépendance nous élève à peine au-dessus du neutre. Et entre chaque épisode, nous souffrons d’un profond sentiment de tristesse.

Prenons l’exemple de Salomon qui se lance dans une vie de plaisirs extrêmes. Si, au début, son niveau de dopamine est au plus haut, plus tard, il ne peut que dire : « J’ai donc haï la vie […], puisque tout est vanité et poursuite du vent. […] Et j’en suis venu à me décourager de m’être donné toute cette peine sous le soleil. » (Ec 2.17,20) Des études randomisées et contrôlées ont révélé qu’après six semaines d’exposition à la pornographie, les hommes et les femmes se sentaient moins attirés par leur partenaire, s’ils en avaient un, qu’ils étaient plus égocentriques, et démontraient moins d’empathie envers leurs proches21. En bref, ils avaient commencé à vivre uniquement pour eux-mêmes et à se fermer émotionnellement.

L’autorité de Salomon, ses richesses, sa renommée, ses biens, sont inégalés. Les femmes sont à ses pieds. Ellen White écrit : « Beaucoup enviaient la popularité et la gloire de Salomon, le tenant pour le plus heureux des hommes. »22 Et aussi : « Les splendeurs qui l’environnent ne font que se moquer de ses angoisses alors qu’il passe en revue une vie gaspillée à chercher le bonheur dans l’assouvissement de ses pulsions et de ses moindres désirs. Par cette expérience amère, Salomon apprend combien vide est la vie de celui qui cherche le bonheur dans les choses terrestres. Des pensées sombres et accablantes le font souffrir jour et nuit. La vie ne lui apporte plus aucune joie, son esprit est tourmenté, l’avenir lui paraît sombre ; Salomon a plongé dans le désespoir. »23

L’une des caractéristiques fondamentales de presque toutes les personnes souffrant de dépression, quelle qu’en soit la cause, c’est une diminution significative du flot sanguin et de l’activité du lobe frontal du cerveau24,25. Lorsque nous agissons contre notre conscience, notre lobe central ne peut plus fonctionner correctement. Plus cela se répète, plus le disfonctionnement s’aggrave. Il en est ainsi pour Salomon.

L’homme le plus sage sur terre est maintenant le plus déprimé. Il croit ne plus pouvoir rien attendre de la vie, que tout n’est que vanité et poursuite du vent. Heureusement, au milieu de sa profonde dépression, un prophète lui donne conseil. Salomon fait volte-face. Si la vie dissipée de ce roi a pu être réorientée, il y a de l’espoir pour chacun de nous. Nous pouvons tous entrer dans le chemin de guérison de Salomon en écoutant les paroles du prophète, en adoptant un autre style de vie, et en échangeant un mode de pensée malsain contre un mode de pensée sain, authentique et efficace.

« Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal et ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté, parce que sa propre convoitise l’attire et le séduit. » (Jc 1.13,14) Il faut reconnaître que les sentiments sont parfois trompeurs ! Par conséquent, nous devons les élever à notre niveau de conscience pour vérifier s’ils se fondent sur la vérité ou sur des distorsions.

Le monde prétend vouloir nous aider à guérir de notre mal-être. Ses soi-disant remèdes abondent : jeu, pornographie, alcool, stupéfiants, abus de chocolat même. Mais comme ces choses inutiles ne peuvent réellement nous satisfaire, nous n’en aurons jamais assez. Par contre, nous pouvons avoir suffisamment de vitamine D, de brocoli, de sommeil, d’exercice. Nos choix de vie doivent se fonder sur ce qui est vrai et en harmonie avec les plans de Dieu à notre égard.

Le cas d’Élie

Passons brièvement en revue le dernier cas. « Quant à lui, il alla dans le désert, à une journée de marche ; il s’assit sous un genêt et demanda la mort en disant : C’en est trop ! Maintenant, Éternel, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères. » (1 R 19.4) Élie souffre-t-il d’un orgueil démesuré, comme Saül ? Non. Élie est un homme humble. S’est-il engagé, à l’instar de Salomon, dans une vie de plaisir pour essayer d’y trouver le bonheur ? Non. Il vit simplement. Pourtant, le prophète est plongé dans une profonde dépression.

Ceci montre que lorsque nous souffrons de problèmes émotionnels, il nous faut en trouver la cause exacte, laquelle n’est pas la même pour tous. Observons Élie, un homme se conformant toujours à la volonté divine, un homme venant d’être témoin, sur le mont Carmel, de la miraculeuse intervention de Dieu. Quand on l’informe que Jézabel en veut à sa vie, c’est la panique. A-t-il raison de craindre cette méchante femme ? Certainement, puisqu’elle a tué tous les autres prophètes de Dieu. Alors, au lieu de se confier en l’Éternel, le prophète prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Un mois plus tard, en proie à une dépression profonde, il veut mourir. Dieu le fait alors entrer dans un programme de traitement de la dépression.

Comme beaucoup de personnes dépressives, Élie cherche un coin obscur où se terrer. Il se réfugie dans une grotte. Dieu doit envoyer un tremblement de terre et un vent violent pour que le prophète sorte de sa cachette. Il peut maintenant en venir à ce qui est le plus important pour la guérison d’Élie. Il emploie la thérapie cognitivo-comportementale pour corriger les pensées déformées de son fidèle serviteur.

La distorsion cognitive dont souffre Élie, c’est la surgénéralisation, le fait de généraliser à partir de trop peu d’exemples concrets, d’élever une hypothèse au rang de fait. Or, les gens au QI élevé n’ont aucune difficulté à généraliser. De ce fait, ils ont tendance à surgénéraliser. Et Élie ? En quoi surgénéralise-t-il ? « Je suis le seul qui n’ai pas fléchi les genoux devant Baal. » La première fois qu’Élie se plaint ainsi, Dieu ne juge pas à propos d’intervenir. Néanmoins, quand le prophète se lamente une nouvelle fois, le Seigneur coupe court à cette surgénéralisation destructrice. « Je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n’ont pas fléchi les genoux devant Baal. » Élie aurait dû dire : « Seigneur, que je sache, je suis le seul qui reste », plutôt que d’affirmer qu’il était le seul à être demeuré fidèle.

Pour aider Élie à sortir de sa dépression, Dieu l’envoie en mission – une mission contraire aux préférences du prophète (1 R 19.15,16). Néanmoins, celui-ci obéit. S’est-il remis de sa dépression ? Certainement. Mieux encore, il a été pris au ciel sans passer par la mort (2 R 2.11).

Enfin libres

« Éternel ! Qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ? » demande le psalmiste (Ps 15.1). Ou, en d’autres termes : « Que faut-il faire pour réussir sa vie ? » La réponse ne se fait pas attendre : « Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. » (v.2) La dernière condition est particulièrement intéressante.

Les dix commandements disent qu’il faut dire la vérité. Ceux qui connaissent le succès, néanmoins, sont ceux qui non seulement disent la vérité aux autres, mais qui se la disent à eux-mêmes. Ne faut-il pas commencer par cela pour pouvoir parler franchement aux autres ? Pour dire la vérité, nous devons d’abord avoir une opinion correcte de nous-mêmes. « Même les pensées doivent être soumises à la volonté de Dieu, et les sentiments être contrôlés par la raison et la religion. Notre imagination ne nous a pas été donnée pour que nous la laissions se déchaîner et aller dans tous les sens. Nous devons au contraire la contrôler et la discipliner. Si les pensées sont mauvaises, les sentiments le seront aussi. Ensemble, les pensées et les sentiments forment le caractère »26, commente Ellen White.

Tout échec moral commence par une pensée déformée. David, repentant, l’a bien compris : « Mais tu prends plaisir à la vérité dans le fond du cœur : au plus secret de moi-même, fais-moi connaître la sagesse. » (Ps 51.8)

Lorsque David remarque Bath-Chéba (2 S 11.2), plutôt que de réfléchir aux voies de la justice et de la droiture, il refuse de se détourner du péché et choisit d’assouvir ses instincts. Il s’enfonce ensuite dans un raisonnement fondé sur les émotions, dans l’amplification et la surgénéralisation. Peut-être souffre-t-il aussi à ce moment d’un orgueil démesuré l’amenant à croire qu’en sa qualité de roi, il est au-dessus de la loi. Puis, il agit selon ces distorsions. Tout péché commis commence toujours par une pensée déformée.

Heureusement, Paul nous annonce une merveilleuse nouvelle : nous pouvons être transformés positivement par une reconstruction de notre esprit : « Soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. » (Rm 12.2) Il ne suffit pas de reconnaître nos pensées tordues : nous devons les corriger et les remplacer par des pensées justes et droites, lesquelles trouvent leur source en Dieu.

Comment protéger et améliorer notre intelligence émotionnelle ? En évitant les distorsions cognitives – l’amour-propre démesuré, le raisonnement fondé sur les émotions, la surgénéralisation, et d’autres encore27 ; en remplissant notre esprit de pensées justes et droites, de pensées dérivées d’une bonne compréhension du plan de Dieu pour notre vie. Alors, comme le promet Jésus : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8.32)

Le Dr. Neil Nedley est président de Weimar Center of Health and Education près de Sacramento, Californie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, don’t Depression-The Way Out, Proof Positive : How to Reliably Combat Disease and Achieve Optimal health through Nutrition and Lyfestyle, et le dernier en date, The Lost Art of Thinking. Son site Web : drnedley.com.

RÉFÉRENCES

  1. W.D.S. Killgore, D.B. Killgore, L.M . Day, et al., « The effects of 53 hours of sleep deprivation on moral judgment », Sleep, vol. 30, no 3, 2007, p. 345-352.
  2. Aydin, Mehmet Devrim et al., « The Impact of IQ and EQ on Pre-eminent Achievement in Organizations: Implications for the Hiring Decisions of HRM Specialists », The International Journal of Human Resource Management, vol. 16, no 5, mai 2005, p. 701-719.
  3. Ibid.
  4. Ibid.
  5. Goleman, Emotional Intelligence: Why it can matter more than IQ, New York, Bantam Books, 1995, p. 80.
  6. L. M. Ito et al., « Cognitive-behavioral therapy in social phobia », Revista brasileira de psiquiatria, Sao Paulo, Brésil, 1999.
  7. T. D. Borkovec et E. Costello, « Efficacy of applied relaxation and cognitive-behavioral therapy in the treatment of generalized anxiety disorder », Journal of Consulting and Clinical Psychology, vol. 61, 1993, p. 611-619.
  8. G. A. Fava et al., « Six-year outcome of cognitive behavior therapy for prevention of recurrent depression », American Journal of Psychiatry, vol. 161, 2004, p. 1872–1876.
  9. Goleman, p. 161-163.
  10. Ibid.
  11. C. Hooven, L. Katz, et J. Gottman, « The Family as a Meta-emotion Culture », Cognition and Emotion, printemps 1994.
  12. P. Freeman et T. Rees, « How does perceived support lead to better performance ? An examination of potential mechanisms », Journal of Applied Sport Psychology, avril 2009.
  13. D. D. Burns, Feeling Good : The New Mood Therapy, rev. et corr., New York, Avon, 1999, xix., p. 12.
  14. Neil Nedley, The Lost Art of Thinking : How to Improve Emotional Intelligence and Achieve Peak Mental Performance, Ardmore, Oklahoma, Nedley, 2011.
  15. Ellen G. White, Les paraboles de Jésus, Dammarie les Lys, France, Éditions S.D.T., 1977, p. 332.
  16. Ibid., p. 143.
  17. Ellen G. White, Jésus-Christ, Dammarie les Lys, France, Éditions S.D.T., 1975, p. 322.
  18. CNN, David Martin, « The Truth about Happiness May Surprise You », Featured Articles from CNN (en ligne), 10 novembre 2006. http://edition.cnn.com/2006/HEALTH/conditions/11/10/happiness.overview/index.html.
  19. Cross-National Collaborative Group, « The changing rate of major depression : Cross-national comparisons », Journal of American Medical Association, vol. 268 (1992), p. 3098-3105.
  20. Mark Olfson et Steven C. Marcus, « National Patterns in Antidepressant Medication Treatment », Archives of General Psychiatry, vol. 66 (2009) No 8, p. 848-856.
  21. D. Zillmann et J. Bryant, « Pornography and sexual callousness, and the trivialization of rape », Journal of Communication, vol. 32 (1982), p. 10-21.
  22. Ellen G. White, Conflict and Courage, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1970, p. 194.
  23. Ibid., p. 195.
  24. I. Galynker, J. Cai, et al, « Hypofrontality and negative symptoms in major depressive disorder », Journal of Nuclear Medicine, vol. 39 (1998), No 4, p. 608-612.
  25. P. Videbech, « PET measurements of brain glucose metabolism and blood flow in major depressive disorder: A critical review », Acta Psychiatrica Scandinavica, vol. 101 (2000), No 1, p. 11-20.
  26. Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Californie, Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 5, p. 310.
  27. Nedley.