ÉDITORIAL

Des obstacles à franchir

J’ai rédigé ce qui suit alors que partout dans le monde, on se préparait aux Jeux olympiques de Londres de 2012. Chaque athlète qui participe aux Jeux connaît parfaitement ses faiblesses : négligence (on ne fait pas certains exercices spécifiques parce qu’on les juge inutiles), techniques d’étirement boiteuses, manque de concentration, habitudes alimentaires irrégulières, paresse (pause-café au moindre prétexte), et ainsi de suite. Certains, par des efforts héroïques, viennent à bout de ces faiblesses ; d’autres se contentent de les maquiller. Quoi qu’il en soit, chacun fait face à ses propres « obstacles ».

Puisque nous parlons d’obstacles, permettez-moi de vous dire que la course de haies est un sport qui m’interpelle vraiment. Pour remporter la course, l’athlète doit sauter par-dessus une série de haies avec la plus grande précision possible. Ainsi, un simple effleurement peut nuire à sa performance ; un saut trop élevé lui fera perdre de l’énergie en plus de précieux dixièmes de seconde. Les muscles des concurrents doivent être au meilleur de leur condition pour qu’ils puissent franchir, l’un après l’autre, les obstacles placés entre les lignes de départ et d’arrivée. La course de haies exige du coureur une bonne utilisation non seulement de ses jambes, mais aussi de chaque partie de son corps s’il veut remporter la médaille.

La vie étudiante ressemble beaucoup à la course d’obstacles. J’ai été personnellement confrontée à des obstacles, même après ma formation universitaire. Cependant, contrairement à cette course, les obstacles qui se dressent devant nous ne sont ni de taille uniforme, ni peints de couleurs vives nous permettant de les distinguer de loin. Dans la course de la vie, ils se manifestent sous forme de ces choses qui nous font trébucher ou hésiter. Certaines personnes préfèrent même s’arrêter net plutôt que d’essayer de les franchir ; elles semblent paralysées, comme si elles se heurtaient à des portes fermées.

Veillons à ne jamais transformer un obstacle en porte fermée. Au contraire, il sert à éprouver notre résilience et nous pousse à chercher des solutions. Contrairement à la porte fermée, l’obstacle n’atteint jamais le plafond et n’est pas verrouillé. Après tout, un obstacle… n’est qu’un obstacle ! Nous aurons toujours l’espace suffisant pour sauter par-dessus.

Dans la vie d’un étudiant, les obstacles peuvent revêtir la forme d’un sujet peu attrayant ou difficile, d’un cours ou d’un examen le sabbat. Ils peuvent prendre le visage d’un prof dont les explications sont difficiles à suivre, ou celui d’un enseignant dont la méthode de notation laisse vraiment à désirer. Et que dire des problèmes familiaux inattendus, d’un manque d’intérêt, d’une tolérance limitée aux frustrations, et même des infirmités physiologiques dues souvent à un déséquilibre chimique de notre organisme ? Et comme chaque étudiant rencontre des « obstacles sur mesure », cette liste s’allonge à l’infini. Ce qui peut constituer un obstacle épouvantable pour l’un peut n’être qu’une petite bosse facile à enjamber pour l’autre. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : tous les êtres humains se retrouvent, un jour ou l’autre, en butte à des obstacles.

Heureusement, franchir les obstacles est chose possible. Voilà qui est rassurant ! Seules les « portes verrouillées » peuvent bloquer la voie. Or, la vie comporte beaucoup plus d’obstacles que de portes.

Plus rassurant encore est de savoir que nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes devant ces obstacles. Dieu est de notre côté. Il veut nous renforcer, nous donner la capacité dont nous avons besoin pour vaincre et aller de l’avant. Au fond, ce qui importe dans la vie n’est pas de se demander si l’on arrivera à franchir tel ou tel obstacle, mais plutôt de savoir que la puissance divine, cette puissance qui nous rend capables de vaincre, est à notre disposition. Si nous la saisissons, nous aurons l’assurance que Dieu sera toujours à nos côtés à l’heure des difficultés.

Aucun étudiant ne peut prétendre qu’il ne conserve que de bons souvenirs de sa course universitaire. Le vent des hauts et des bas a soufflé sur sa route. Il y a eu des pentes abruptes et épuisantes à gravir, des obstacles de tout genre à franchir. Tout comme les athlètes s’efforcent de trouver la meilleure stratégie pour franchir les haies et combinent différents éléments pour s’assurer la victoire, nous pouvons, nous aussi, réfléchir à différents outils qui nous aideront à transformer nos projets professionnels en réussites. Voici, à cet égard, quelques suggestions utiles. N’hésitez pas à y ajouter tout ce qui, à votre avis, pourrait s’appliquer à votre situation particulière.

  1. Ne prenez pas un obstacle pour une porte fermée. En face d’un obstacle, n’abandonnez la lutte que si vous avez la conviction que Dieu a fermé la porte devant vous. S’il le fait, c’est qu’il a un autre plan pour vous.
  2. Identifiez les obstacles dont vous êtes l’auteur. Qu’il s’agisse de mauvais comportements, d’habitudes nuisibles, de faiblesses de caractère ou de ce qui dépend exclusivement de vous, souvenez-vous qu’avec l’aide de Dieu, vous pouvez changer pour le mieux et réussir.
  3. Cherchez des moyens de franchir l’obstacle. N’optez pas pour la première solution qui vous vienne à l’esprit. Il se peut, en effet, qu’elle ne soit pas la plus efficace ou la plus pertinente. Prenez le temps de prier. Demandez à Dieu de vous accorder sa sagesse pour que vous trouviez des alternatives et choisissiez celles qui donneront le meilleur résultat (même si elles exigent beaucoup d’efforts et de persévérance de votre part).
  4. Dressez un plan d’action. Disséquer une situation ne suffit pas ; encore faut-il passer de l’idée à l’action. On peut franchir un obstacle en un instant, ou y faire face pendant des semaines, voire des mois. Tout dépend de son importance. Seul Dieu peut vous fournir la résistance et la persistance dont vous avez besoin pour exécuter votre plan.

Ceci dit, avez-vous noté des facteurs communs dans la liste précédente ? Personnellement, j’en vois deux : vous et Dieu. Chacun des principes mentionnés implique les capacités que Dieu vous a accordées pour analyser, planifier, et lutter. Toutefois, ce qui importe le plus dans cette course, c’est que vous avez Dieu pour entraîneur. Avec lui, nul obstacle n’est impossible à franchir.

Dans la course olympique de la vie, faisons des paroles de Paul notre devise : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Tm 4.7), et ne quittons pas des yeux la merveilleuse promesse que voici : « Fortifie-toi et prends courage. Ne t’épouvante point et ne t’effraie de rien ; car l’Éternel ton Dieu est avec toi, partout où tu iras. » (Jos 1.9, OST)

– Susana Schulz

Susana Schulz est assistante éditoriale de Dialogue. Elle est titulaire d’une maîtrise en counseling et en orientation de l’Université de Loma Linda, en Californie.