Les adventistes et l’intendance environnementale

Les adventistes reconnaissent et soutiennent l’appel scripturaire à prendre soin de l’environnement. Ils le font de multiples façons, tant individuellement que collectivement. L’Église adventiste peutelle faire davantage pour promouvoir le soin de la création ? La réponse est « oui », et le moment de le faire est maintenant.

Les adventistes tirent leurs croyances de la Bible qu’ils considèrent comme la Parole inspirée de Dieu. Par conséquent, leur compréhension de l’intendance environnementale s’enracine dans une vision du monde biblique. Cet article résume la position adventiste sur la question de l’intendance environnementale, selon notre compréhension de la Bible et de l’information scientifique actuelle1.

Notre monde n’est pas le fruit du hasard, mais de la création. Il est précieux aux yeux du Créateur.

D’après la Bible, Dieu est le Concepteur et le Créateur de l’univers, de la vie et des systèmes soutenant la vie terrestre. Par conséquent, les adventistes croient que le monde n’a pu surgir par hasard. C’est Dieu qui le créa (Gn 2.2,3)2. Il qualifia de « bons » ses actes créateurs des composantes animées et inanimées de la création avant de créer les humains (Gn 1.4,10,12,18,21,25,31). Ceci montre que Dieu s’occupe de tous les aspects de sa création, pas seulement des humains. De plus, il déversa ses bénédictions sur tout ce qui vit – d’abord sur les animaux le cinquième jour de la création (Gn 1.22), puis sur les humains le sixième (Gn 1.28). Dieu bénit aussi le septième jour en tant que sabbat – un rappel perpétuel qu’il est le Créateur et qu’il s’occupe de toute sa création3.

L’amour et la sollicitude de Dieu pour la création sont constamment exprimés dans la Bible, entre autres dans Job (39.34-38 ; 40,41),

Jonas (4.10,11), Psaumes (36,96,104, 145,147,148), et dans les paroles de Jésus (Mt 6.26 ; 10.29 ; Lc 12.6). Lors du déluge, Dieu préserva miraculeusement de nombreuses créatures vivantes menacées par la méchanceté des hommes (Gn 6). À travers différents prophètes, il nous avertit de l’impact du péché sur l’environnement (Es 24.5,6 ; Os 4.1-3). Dans son amour pour le monde, il envoya son Fils racheter l’humanité (Jn 3.16). Finalement, il promit de restaurer non seulement les êtres humains, mais la création tout entière (Es 11.6-9 ; Ez 36.33-35 ; Rm 8.19-23).

La création n’est ni sacrée, ni mauvaise. Elle constitue plutôt le moyen par lequel le Créateur a atteint ses objectifs.

Les philosophies associées à l’ancien gnosticisme associent le mal à la matière. Par contre, celles qui s’associent au panthéisme des religions orientales considèrent les objets animés et inanimés comme des véhicules du divin et, par conséquent, du bien et du sacré. Dans un contraste saisissant, la Bible affirme que les aspects animés et inanimés de la création ne sont ni sacrés, ni mauvais. Elle déclare sans ambages que la terre et tout ce qui s’y trouve n’est pas Dieu, mais appartient plutôt à Dieu, le Seigneur de la création (Ps 24.1 ;

  • Co 10.26). Les paramètres physiques parfaitement réglés de l’univers et les cycles biogéochimiques ingénieusement conçus de notre planète résultent en une homéostasie biogéochimique qui soutient perpétuellement la vie – ce qui indique que Dieu voulait que la terre « soit habitée » (Es 45.18)4. Ainsi, la création n’est ni sacrée, ni mauvaise ; elle est plutôt le moyen par lequel le Créateur a atteint ses objectifs, à savoir la création d’une planète foisonnant de créatures vivantes, et d’une race d’êtres intelligents, à l’image de Dieu, qui en seraient les gestionnaires (Gn 1.26).
  • Le sabbat est un mémorial de la création et un rappel perpétuel de notre obligation morale d’en prendre soin.

    Les adventistes s’engagent à observer le quatrième commandement, lequel consiste à se souvenir du sabbat du septième jour, à le sanctifier et à s’abstenir de travailler (Ex 20.8-11)5. Les bénédictions du sabbat s’étendent non seulement aux humains, mais à toute la création, car le sabbat constitue un rappel des mesures voulues par Dieu à l’égard des besoins de toutes les créatures, y compris le besoin de repos pour les bêtes de somme (Ex 23.12). Ne travaillant pas le sabbat, les adventistes passent souvent une partie de la journée à explorer la nature et à en tirer des leçons. Une telle activité leur permet de cultiver une relation intime avec le Créateur et les autres créatures. La célébration du sabbat hebdomadaire renforce la relation entre le Créateur et sa création. Elle nous rappelle que notre existence dépend des systèmes de soutien de la vie sur la planète et que nous devons adopter une approche holistique pour notre relation avec la création.

    Bien que nous fassions partie de la création, le Créateur nous a désignés pour la gérer de façon responsable.

    Peu après avoir créé l’homme, Dieu lui donna la « domination » : il lui remit la gouvernance de « tout ce qui vit », et lui dit de « soumettre » la terre (Gn 1.26,28). Cette « domination » est avant tout un mandat d’intendance responsable de la terre, non une permission d’en piller les ressources. On le vérifie par le fait que l’homme reçut la « domination » sur toutes les choses vivantes de même que la permission de « gouverner » la terre et de « l’assujettir » avant l’entrée du péché dans le monde (Gn 3), avant qu’il n’ait eu besoin de peaux de bêtes pour s’habiller (Gn 3.21), et bien avant que les êtres humains n’aient reçu la permission de tuer des animaux pour les manger (Gn 9.3).

    Après avoir placé Adam dans le jardin d’Éden, Dieu lui ordonna de le cultiver et de le garder (Gn 2.15). Plus tard, il commanda à ses enfants de prendre soin de la terre, de la cultiver (Ex 23.10,11 ; Lv 25.2-7,23,24), et de traiter les animaux avec bonté (Ex 23.5,12 ; Nb 22.23-33 ; Dt 25.4 ; Mt 12.11). Ces textes prouvent hors de tout doute que Dieu nous a établis intendants de la création. Il nous a non seulement dotés d’une intelligence, de la capacité d’étudier la création et de l’utiliser en vue d’une vie plus confortable, mais il nous a aussi accordé le libre arbitre, même si certains de nos choix nuisent à la création.

    La vision biblique de l’intendance englobe le temps, l’argent, les possessions, la santé, les occasions, ainsi que les ressources naturelles6. Or, la Bible déclare sans équivoque qu’aucune de ces choses ne nous appartient. Le monde et tout ce qu’il renferme n’appartient qu’à Dieu seul (Lv 25.23 ; Ps 24.1 ; 1 Co 6.15-20 ; 10.26). À cause de la cupidité humaine, le Seigneur interdit spécifiquement aux dirigeants d’accumuler des chevaux, de l’argent ou de l’or (Dt 17.16,17). Il associa plutôt le gouvernement royal avec la générosité envers les faibles et les nécessiteux (Ps 72.8-14). Jésus, le Créateur (Jn 1.1-3), fut envoyé dans le monde pour enseigner, guérir, sauver, et pour nous montrer comment interagir avec nos semblables et avec les autres créatures de la planète.

    Le Créateur apprécie toutes les formes de vie et comble leurs besoins avec tendresse . Il s’attend à ce que nous suivions son exemple dans notre façon de regarder et de traiter les autres espèces.

    Dieu ne pourvoit pas uniquement aux besoins des hommes et de femmes ou de ceux qui leur procurent des avantages directs, mais aussi aux besoins de toutes ses créatures (Jb 38.19-41 ; Ps 36.7 ; 104.27,28 ; 147.9 ; Jon 4.11 ; Mt 6.26). Il nous rappelle constamment notre obligation morale de traiter les animaux avec humanité en leur procurant le repos et la nourriture dont ils ont besoin (Ex 23.5,12 ; Dt 25.4), en les secourant, (Mt 12.11), et en ne les maltraitant pas (Nb 22.23-33). Bien que certains animaux doivent être sacrifiés pour soutenir la vie humaine, tout ce qui leur occasionne des douleurs, de la souffrance, et provoque leur mort au profit de l’homme ou d’autres animaux doit être moralement justifié. Dieu prend soin de toute sa création : nous devons donc reconnaître la valeur morale de toutes les créatures non humaines. Les Écritures, le récit du déluge en particulier, montrent que pour Dieu, les animaux sont plus importants que les objets inanimés, et les êtres humains, plus importants que les animaux.

    La vie est un don de Dieu, d’où notre obligation morale de la respecter, de la protéger et de la préserver. Ne tuons ou ne blessons jamais un animal pour le sport ou par pur plaisir. Efforçons-nous toujours de prendre soin des animaux qui nous sont confiés, et de bien les traiter. Opposons-nous aux traitements inhumains infligés aux animaux dans le cadre de la production animale, des recherches biomédicales et autres recherches, et de l’industrie des animaux de compagnie. Les chrétiens qui ont facilement accès à un régime à base de végétaux – le régime de l’Éden – devraient s’abstenir de manger de la viande ou, du moins, diminuer leur consommation de produits animaux. Un régime végétarien est beaucoup plus écologique qu’un régime carné. Ceci dit, nous sommes conscients que certaines populations n’ont d’autre choix que de consommer de la viande. Bien que la manipulation génétique puisse nous aider à satisfaire plus efficacement les besoins des malades et des affamés (Mt 25.34-36), il importe, avant d’adopter toute pratique de ce genre, de faire des études sérieuses pour s’assurer que les avantages l’emportent largement sur un effet potentiellement négatif sur la santé ou l’environnement.

    La santé totale englobe non seulement le corps, l’âme et l’esprit, mais aussi l’environnement. Des écosystèmes sains sont essentiels pour soutenir la vie humaine.

    Puisque notre corps est le temple du Saint-Esprit, (1 Co 6.19,20), les adventistes croient que nous devons en prendre soin de façon intelligente8. Cette vision, combinée à leurs efforts pour soulager la souffrance, les a incités à s’intéresser particulièrement à la santé humaine en s’inspirant du ministère de la guérison qu’exerçait Jésus.

    Le concept de la santé totale comprend un soin diligent des besoins émotionnels, physiques et spirituels. Mais ces besoins sont étroitement et irrévocablement liés à nos différents environnements. Un environnement sain fournit des ressources naturelles et des processus qui soutiennent la vie humaine. De façon collective, on parle de services écosystémiques. Par contre, un environnement malsain apporte des services écosystémiques diminués, ce qui favorise la maladie et l’infirmité.

    La plupart d’entre nous tiennent pour acquis les abondants services écosystémiques dont nous dépendons chaque jour : la nourriture et l’eau, la pollinisation des plantes indigènes et cultivées ; le cycle des éléments nutritifs ; la surveillance des conditions météorologiques extrêmes, y compris l’atténuation des effets des inondations et des sécheresses ; la protection contre l’érosion ; la réglementation des phytoravageurs et des organismes pathogènes humains ; la décomposition et la décontamination des déchets ; la purification de l’air et de l’eau ; le maintien de la biodiversité. Ces services que nous recevons gratuitement ont été évalués à l’échelle mondiale à 33 trillions de dollars US par an – une somme qui montre à quel point ils sont irremplaçables9. Sans ces services – que nous dégradons rapidement et ne pouvons remplacer facilement – notre qualité de vie serait radicalement diminuée.

    Actuellement, la création est ternie, ce qui va à l’encontre du désir du Créateur.

    Peu après la chute d’Adam et d’Ève, les conséquences du péché gâchèrent de plus en plus la création. Des changements se produisirent à tous les niveaux, et la mort contamina les cycles gouvernant le cercle de la vie. En comparant la condition actuelle du monde naturel avec l’Éden avant qu’il ne soit maudit (Gn 1.30) et après sa restauration (Es 11.6-9), il est évident que la création est ternie. Dans les termes de Paul, « la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rm 8.22).

    Finalement, Dieu fit « le grand ménage » au moyen du déluge. C’était nécessaire, en partie, parce que « la terre était corrompue » (Gn 6.11) en raison de l’humanité déchue (du moins en partie) : « la terre est pleine de violence à cause d’eux » (Gn 6.13). Dieu voulait que l’arche perpétue les formes de vie qu’il avait créées. Après leur sortie de l’arche, il fit la promesse suivante : « Je ne maudirai plus le sol, à cause de l’homme, […] et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant. » (Gn 8.21) Il était clair que Dieu déplorait la corruption de la terre par l’homme.

    Aujourd’hui, de nombreux scientifiques croient que nous sommes confrontés à une période d’extinctions massives, inégalée jusqu’ici, qui a pour conséquences un effondrement écologique et une crise de la biodiversité largement imputables à l’humanité. Certains, même des chrétiens, veulent ignorer l’urgence de ce problème. Néanmoins, la dégradation de l’habitat, l’introduction d’espèces non indigènes (exotiques), une pollution excessive, la surexploitation et la propagation des maladies sont autant de preuves de l’énorme contribution humaine au rythme galopant de l’extinction des espèces.

    Une gestion responsable de la création implique des compromis faisant appel à notre meilleur jugement.

    Par leur attitude irresponsable, les humains ont substantiellement altéré l’ensemble de la création divine. Dieu a doté cette planète d’immenses ressources naturelles pour l’enrichissement de notre vie et la satisfaction de nos besoins. Il aspire à ce que nous les partagions amicalement avec nos semblables et les autres espèces créées. On voit, cependant, un conflit à deux niveaux surgir quant à la façon d’utiliser ces ressources. Il s’agit ici des décisions prises par l’individu ou par les autorités locales ou nationales. Les décisions que nous prenons reflètent inévitablement des compromis qui font appel à notre meilleur jugement. Notre utilisation effrénée des ressources peut s’avérer économiquement positive et nous procurer une merveilleuse qualité de vie, mais aux dépens, hélas, des occupants non humains de notre planète. En outre, elle peut entraîner leur épuisement, au détriment des générations humaines futures.

    Nos valeurs et nos attitudes influencent beaucoup notre façon de gérer les compromis. Il importe donc que nous identifiions et suivions les principes bibliques. Aux opposés d’un même continuum, il y a ceux qui soutiennent un ordre du jour environnemental complet et ceux qui s’en moquent ; et entre les deux, bien des gens qui préfèrent rester neutres sur cette question. Ceux qui se disent conservateurs sur le plan politique, social et fiscal – y compris un grand nombre de croyants – sont plus susceptibles de décliner toute responsabilité personnelle à l’égard de l’environnement et de résister aux politiques gouvernementales sur sa protection. Ce groupe se montre moins soucieux de la dégradation environnementale que le grand public10.

    Bien qu’un débat formel reste difficile, des opinions différentes sur l’environnement circulent parmi les adventistes. L’Église a reconnu dans trois déclarations officielles l’existence d’une crise écologique11, et affirmé que cette crise « s’enracine dans la cupidité humaine et le refus de pratiquer une intendance saine et fidèle à l’intérieur des frontières de la création ». Mais ici s’arrêtent les directives de l’Église. Nous sommes, en grande partie, livrés à nous-mêmes pour trouver des réponses à nos questions à l’égard de notre utilisation des ressources, et pour réagir lorsque les gouvernements cherchent à imposer des règles restreignant l’emploi des ressources. Or, il n’est pas facile de répondre aux différentes questions sur l’environnement. C’est pourquoi, en tant que peuple de foi, les adventistes cherchent à identifier les principes bibliques et à les suivre.

    Les Écritures nous permettent d’identifier trois principes essentiels pouvant guider notre prise de décision13. Premièrement, Dieu accorde de la valeur à tous les aspects de sa création. N’a-t-il pas déclaré à maintes reprises que sa création était bonne (Gn 1.10,12,21,25,31) ? Deuxièmement, Dieu s’attend à ce que nous soyons de bons intendants de la création. C’est lui qui a promulgué la première « loi sur la protection de l’environnement »

    (Gn 1.28) et la première « loi sur les espèces en voie de disparition » (Gn 6.19) ; c’est lui qui a lancé un avertissement à ceux qui exploitent sa création et lui font du tort (Ap 7.3,11,18). Troisièmement, Dieu s’attend à ce que nous utilisions les ressources en fonction de leur durabilité : « l’homme de bien transmet à des petits-fils un héritage » (Pr 13.22), a-t-il affirmé. En résumé, les adventistes encouragent un style de vie simple, sain, respectueux de la création et sobre dans l’utilisation des ressources de la planète14.

    Ces principes peuvent guider nos décisions quant aux nombreuses activités ayant un impact sur l’environnement. Dieu nous tiendra responsables de nos décisions sur la conception des bâtiments et des villes, sur la façon dont nous produisons, emballons et distribuons la nourriture, sur nos achats et les déchets que nous générons, sur nos voyages et nos divertissements, sur l’éducation des jeunes au chapitre de l’environnement, et sur le soin que nous prenons de notre santé. Ces principes devraient aussi nous guider en matière d’engagement envers les politiques de protection de l’environnement. Des efforts individuels ne peuvent résoudre tous les problèmes auxquels notre environnement fait face. Le processus politique passe par la façon dont les sociétés démocratiques s’entendent sur les solutions. Pour contribuer à la durabilité de l’environnement, nous devrons peut-être soutenir des politiques limitant l’utilisation des ressources naturelles et ayant, de ce fait, des répercussions économiques impopulaires. Rester les bras croisés, ne rien faire pour mettre un terme aux pratiques destructrices touchant les écosystèmes n’est pas une option acceptable.

    Une bonne intendance de la création englobe de l’éducation environnementale, des recherches sur la conservation et une gestion des ressources naturelles incluant à la fois une action individuelle et une réglementation gouvernementale responsable.

    L’éducation environnementale commence généralement à la maison et à l’église locale, où la nature, le « second livre » de Dieu, est traditionnellement respectée. Le renforcement se poursuit à l’école primaire et secondaire, spécialement pour ceux qui participent à des programmes de jeunesse et à des camps d’été, où l’on encourage la communion avec la nature et son étude. Enfants, n’avons-nous pas joui fréquemment, surtout le sabbat après-midi, de pique-niques, de randonnées dans la nature, de visites d’espaces naturels, de zoos et de musées ? Nous avons aussi fait régulièrement du camping. Notre fascination croissante pour la nature, nourrie par nos parents, a consolidé notre respect pour la création et nous a gardés des influences négatives pendant nos années formatives.

    L’éducation tertiaire adventiste fournit d’autres occasions d’en découvrir davantage sur les questions environnementales, bien que l’étendue d’un tel programme dépende largement des cours suivis et des activités parascolaires choisies. De nombreuses universités adventistes sponsorisent des programmes de recherche et de conservation. Ces programmes incluent toute une gamme de projets, y compris l’étude des espèces menacées, l’application de mesures de conservation et l’éducation du public sur les questions environnementales.

    Pour le chrétien, l’éducation environnementale doit inclure des points de vue fondés sur les preuves et sur la foi. Des liens entre l’activité humaine et les conséquences environnementales doivent s’enraciner solidement dans des données scientifiques sérieuses, préférablement libres de toute distorsion culturelle. L’appel à l’intendance exposée dans les Écritures accroît la sensibilité aux questions environnementales. Par conséquent, les chrétiens – y compris les adventistes – devraient devenir des environnementalistes exemplaires.

    Nous ne pouvons pas blâmer « la société » pour les problèmes environnementaux parce que ceux-ci sont causés par des individus. Ainsi, la résolution des problèmes environnementaux doit commencer au niveau individuel, mais peut être améliorée par un soutien organisationnel et même gouvernemental. Étant donné la nature mondiale du commerce moderne et des économies en expansion, des efforts personnels peuvent aller étonnamment loin. Une devise utile est « Penser mondialement, agir localement ».

    Bien que nous nous efforcions de réparer le tort que nous avons causé à notre planète, la restauration totale ne surviendra que lorsque Dieu fera toutes choses nouvelles.

    Dieu nous a confié l’intendance de sa création. Un jour, il nous demandera des comptes (Es 35)15. D’ici là, notre responsabilité consiste à prendre soin de la partie de la création qui nous a été confiée. Si nous ne prenons pas soin de notre planète dans cette vie, pourquoi Dieu nous remettrait-il l’intendance d’une planète toute neuve dans l’éternité ?

    À la fin des temps, Dieu fera toutes choses nouvelles. L’Éden de la création originelle sera restauré. Les Écritures décrivent une terre fort différente de celle dont nous avons reçu l’intendance. Il n’y aura plus ni mort, ni souffrance. La cupidité ne menacera plus les ressources naturelles, les prédateurs ne nuiront ni ne détruiront plus (Es 65.17-25 ; Ap 21.1-7). D’ici là, nos meilleurs efforts ne peuvent réparer entièrement le mal que nous avons fait, ni effacer le fléau du péché de cette planète. Nous attendons impatiemment le jour où nous verrons la biodiversité dans toute sa richesse, et les écosystèmes dans leur état le plus harmonieux.

    Conclusion

    Les adventistes reconnaissent et soutiennent l’appel scripturaire à prendre soin de l’environnement. Ils le font de multiples façons, tant individuellement que collectivement. L’Église adventiste peut-elle faire davantage pour promouvoir le soin de la création ? La réponse est « oui », et le moment de le faire est maintenant. Prenons le temps de discuter en profondeur de ce sujet entre nous et avec tous ceux qui partagent nos préoccupations et nos objectifs. Soutenons ceux qui entreprennent des projets valables en faveur de l’éducation environnementale et de la gestion de la conservation. Prévalons-nous du témoignage efficace que constitue le soin de la création, et incorporons-le de façon plus efficace à d’autres messages adventistes, y compris ceux de la santé, de l’éducation et de l’évangélisation.

    Floyd E. Hayes (titulaire d’un doctorat de l’Université de Loma Linda) est professeur de biologie à l’Institut d’enseignement supérieur de l’Union du Pacifique, à Angwin, en Californie. Il est également rédacteur en chef du Journal of Caribbean Ornithology.

    William K. Hayes (titulaire d’un doctorat de l’Université du Wyoming) est professeur de biologie et directeur du Centre d’étude de la biodiversité et de la conservation à l’Université de Loma Linda, en Californie.

    Cet article est une version légèrement révisée du chapitre de conclusion du nouveau livre sur les concepts adventistes de l’intendance environnementale, écrit par des leaders d’opinion et des érudits. Voir Entrusted : Adventists and Environmental Care, sous la direction de Stephen G. Dunbar, L. James Gibsonet Humberto M. Rasi, Boise, Idaho, Pacific Press Pub. Assn., 2013). Publié avec permission.

    Références

    1. Cet essai est une version légèrement raccourcie du chapitre de conclusion du nouveau livre sur les concepts adventistes de l’intendance environnementale, écrit par des leaders d’opinion et des érudits. Voir Entrusted: Adventists and Environmental Care, sous la direction de Stephen G. Dunbar, L. James Gibsonet Humberto M. Rasi, Boise, Idaho, Pacific Press Pub. Assn., 2013. Nous remercions les éditeurs de ce livre pour leur suggestion d’une partie des thèmes majeurs autour desquels cet article est structuré.
    2. Genèse 1 ; voir aussi la croyance fondamentale adventiste n° 6 (http://www.adventiste.org/-les-croyances-fondamentales).
    3. Croyance fondamentale adventiste n° 20.
    4. Sauf mention contraire, les citations bibliques sont empruntées à la Bible Segond révisée (Colombe).
    5. Croyance fondamentale adventiste n° 20.
    6. Croyance fondamentale adventiste n° 21.
    7. Voir, par exemple, H. J. Marlow, W. K. Hayes, S. Soret, R. L. Carter, E. R. Schwab et J. Sabate, « Diet and the environment : Does what you eat matter? », American Journal of ClinicalNutrition 89, 2009, 1699S-1703S.
    8. Croyance fondamentale adventiste n° 22.
    9. R. Costanza, R. d’Arge, R. de Groot, S. Farber, M. Grasso, B. Hannon, K. Limburg, S. Naeem, R. V. O’Neill, J. Paruelo, R. G. Raskin, P. Sutton et M. van den Belt, « The value of the world’s ecosystem services and natural capital », Nature 387, 1997, p. 253-260.
    10. J. L. Guth, J. C. Green, L. A. Kellstedt, et C. E. Smidt, « Faith and the environment : Religious beliefs and attitudes on environmental policy », American Journal of Political Science 39, 1995, p. 364-382 ; P. W. Schultz, L. Zelezny et N. J. Dalrymple, « A multinational perspective on the relation between Judeo-Christian religious beliefs and attitudes of environmental concern », Environment and Behavior 32, 2000, p. 576-591 ; A. M. McCright et R. E. Dunlap, « Defeating Kyoto : The conservative movement’s impact on U.S. climate change policy », Social Problems 50, 2003, p. 348-373 ; R. S. Allen, E. Castano, et P. D. Allen, « Conservatism and concern for the environment », Quarterly Journal of Ideology 30(3/4), 2007, p. 1-25 ; D. E. Sherkat et C. G Ellison, « Structuring the religion-environment connection : Identifying religious influences on environmental concern and activism », Journal for the Scientific Study of Religion 46, 2007, p. 71-85 ; D. M. Konisky, J. Milyo et L. E. Richardson Jr., « Environmental policy attitudes : Issues, geographic scale, and political trust », Social Science Quarterly 89, 2008, p. 1066-1085 ; M. N. Peterson et J. Liu, « Impacts of religion on environmental worldviews: The Teton Valley case », Society and Natural Resources 21, 2008, p. 704-718.
    11. Voir les appendices dans Entrusted : Adventists and Environmental Care (note 1 plus haut).
    12. Tiré de « A Statement on the Environment », déclaration de 1995 dans l’appendice B dans Entrusted : Adventists and Environmental Care (note de fin 1).
    13. J. T. Baldwin, « Gardiens du jardin : les chrétiens et l’environnement », Dialogue 14(1), 2002, p. 8-11 ; A. von Maur, « How can we build and dwell as stewards of the natural environment ? », chapitre 16 du livre Entrusted : Adventists and Environmental Care (note 1 plus haut).
    14. Tiré de « A Statement on the Environment », appendice B dans Entrusted : Adventists and Environmental Care (note 1 plus haut1).
    15. Croyance fondamentale adventiste n° 28.